Archiver dans la catégorie ‘Club 300’
Nicolas Le Floch

Diffusé pour la première fois le 28 octobre 2008, Nicolas Le Floch revient, sur France 2, pour le plus grand plaisir des fans de la première saison, et ce retour est mouvementé… Dès le premier épisode, le célèbre commissaire éponyme se trouve accusé du meurtre de sa maîtresse, la marquise.
Avec un budget atteignant plus d’un million d’euros, le style de cette série française demeure original. Loin des copies des séries étrangères, le spectateur se voit cette fois-ci transporter dans le Paris du règne de Louis XV, avec les décors, costumes et maquillages de l’époque. Dès le premier épisode, le scénario combine une double intrigue policière, mais celle-ci, au fil du temps, s’avère plutôt confuse. En l’espace de 90 minutes, bien que le montage soit linéaire, les intrigues se mêlent entre elles mais dévoilent en effet un certain épuisement, probablement dû au traitement trop furtif des histoires.
Les choix artistiques, comme le décor ou encore le jeu des acteurs, s’avèrent, eux, une bonne interprétation, malgré que ces choix soient poussés à l’extrême, comme par exemple, dans le cas d’un maquillage raté, des objets (une brosse à cheveux) placés dans des endroits insolites (le bureau du commissaire), ou même une diction théâtrale qui aurait tendance donner à cet épisode une dose d’invraisemblance.
D’un point de vue plus technique, pour les spectateurs les plus avertis, les jeux de lumières, les jeux de contrastes, les changements d’axes de prises de vues, les prouesses techniques ne sont pas de mises dans cette série et cette absence situe ainsi cette série plutôt du côté du seul divertissement.
Tellement proches
Fiche technique
Pays : France Genre : Comédie Durée : 1′42
Réalisateurs : Olivier Nakache, Eric Toledano Monteur : Dorian Rigal-Ansous
Producteurs : Nicolas Duval, Yann Zenou

Le 17 juin 2009, c’est avec un regard analytique que le duo de réalisateurs Olivier Nakache et Eric Toledano débarque sur nos grands écrans.
Bien que l’histoire s’avère de prime abord banale, voire totalement clichée (deux familles qui se supportent mal au départ finissent par s’adorer à la fin), c’est à travers un montage traditionnel « cut » et le procédé du flash back que les spectateurs sont amenés à apprécier les péripéties de ces familles, dont le réalisme interpelle très directement. En l’espace de quelques minutes, une variété de caractères se met en effet en place (le couple laxiste, les individus autoritaires, les grands célibataires, etc.), et à ces caractères, véritable reflet de notre société actuelle, nous pouvons aisément nous identifier. Chômage, vie de famille, éducation, argent, préjugés, racisme sont les différents thèmes abordés et qui font de ce film une œuvre qui n’est pas simplement réalisée pour « amuser la galerie ».
Good Morning England
Fiche technique
Pays : Angleterre Genre : Comédie Durée : 2′15
Réalisateur : Richard Curtis Monteur : Andrew Jadavji
Producteurs : Tim Bevan, Eric Fellner, Richard Curtis, Hilary Bevan Jones.

Après Quatre mariages et un enterrement et Coup de foudre à Notting Hill, deux comédies sentimentales, le réalisateur Richard Curtis, tout en restant sur le terrain de la comédie et de l’Angleterre, s’attaque aujourd’hui à un nouveau genre : le film d’époque. Le récit de Good Morning England se déroule dans le contexte des années soixante, en pleine révolution des mœurs : sur un bateau, ancré en pleine Mer du Nord, huit passionnés de rock lient leur force pour faire vivre leur radio pirate : « Radio Rock ».
Cette station-radio, très populaire, est alors un symbole de liberté. En l’espace de deux heures, le film montre la liberté à la fois sexuelle et individuelle dont se saisissent avec bonheur les personnages. Leur passion pour la musique rock se transforme en véritable mode de vie ; au sein du bateau, où s’organise leur vie communautaire, trois règles prédominent : sexe, drogue et musique – d’où le titre original du film : The Boat that Rocked.
Good Morning England est alors un film de fiction mais inspiré de faits réels. Le but est avant tout d’illustrer la guerre menée contre la liberté d’expression en Angleterre dans les années 1960. L’histoire débute ainsi en 1966, soit deux ans après l’apparition des radios pirates, et, ce film, évoquant les manigances du pouvoir puritain pour imposer le silence aux radios moralement subversives, s’achève avec l’expression des effets de la loi anti-pirate de 1967.
Le « happy end » invraisemblable peut s’avérer décevant pour certaines personnes, mais il peut aussi symboliser l’optimisme avec lequel on peut recevoir encore aujourd’hui l’expérience de la liberté et de l’échange qu’a représentée cette période. Fait particulièrement chaud au cœur, tout de même, cette solidarité qui se dégage du modèle de la vie communautaire dépeint par le réalisateur, ainsi que le sauvetage miraculeux du dénouement.
Walkyrie
Fiche technique
Pays : Etats-Unis, Allemagne Genre : Historique, Thriller Durée : 1′50
Réalisateur : Bryan Singer Monteur / Compositeur : John Ottman
Producteurs : Bryan Singer, Tom Cruise, Paule Wagner, Gilbert Adler, Christopher McQuarrie

Après Apt Pupil (Un Elève doué), en 1999, Bryan Singer revient en France, le 28 janvier 2009, pour aborder une nouvelle fois l’époque nazie avec Walkyrie : film inspiré de faits réels, qui narre la dernière tentative d’assassinat fomentée contre Hitler, le 20 Juillet 1944, par un groupe de militaires et politiciens allemands. Comparé à Flags of our fathers (2006) ou encore à Letters from Iwo Jima (2007) de Clint Eastwood, que peut nous apporter Walkyrie de Bryan Singer ?
Du point de vue esthétique et scénaristique, Bryan Singer nous montre dans ce film un véritable souci de la reconstitution historique. Durant une heure cinquante, le réalisateur américain retrace le parcours de Claus Von Stauffenberg (Tom Cruise) et de ses compagnons résistants allemands : en ajoutant des indices de temps et de lieux en bas de l’image, à gauche, il nous donne à en saisir clairement les différentes étapes. Mais cela n’est pas tout. Le réalisateur américain va jusqu’à reconstruire de façon très réaliste : les costumes, les coiffures, la croix et les drapeaux nazis, les explosifs (Plastit W), les avions allemands et ennemis, les bombardements, les fusillades, le Führer (David Bamber), les acteurs de l’attentat mené contre Hitler (Friedrich Olbricht, Henning von Tresckow, Friedrich Fromm, Erich Fellgiebel, Ludwig Beck, …), les lieux (comme la maison de vacances d’Hitler, la « tanière du loup », la rue Bendler).
A première vue, la première séquence de Walkyrie laisse penser qu’il s’agit d’un film historique doublé d’un film d’action ordinaire. Durant les premières minutes du film, le spectateur se trouve ainsi projeté, en 1943, en Afrique du Nord, au moment de l’attaque d’un camp par des avions alliés – attaque dont le lieutenant-colonel Stauffenberg, présentant déjà une opposition au régime (Tom Cruise), va ressortir vivant, mais un avant-bras et un œil en moins. Parallèlement, le spectateur suit une énième et vaine tentative d’attentat menée contre le Führer par un militaire nommé Henning Von Tresckow (Kenneth Branagh). Mais, rempli de bombardements (d’un côté) et de suspense (de l’autre), ce double point de départ du film annonce la rencontre presque inévitable des deux personnages, indique une des raisons de leur opposition au régime nazi (la guerre) et contient déjà les thèmes et réflexions menés par le film.
Walkyrie, en tant que film d’action, nous divertit, et, en tant que film historique, nous fait connaître une réalité du régime nazi et de la Seconde Guerre mondiale tout à fait méconnue. Mais son intérêt porte en effet aussi sur l’exploration notamment du thème de l’engagement politique. Grâce aux quelques scènes familiales entre Stauffenberg et Carice von Houten, montées entre les séquences d’élaboration du coup d’Etat, ou encore les scènes de préparation et de discussion des résistants, Bryan Singer souligne la complexité de la résistance, la difficulté de faire des choix car ils impliquent généralement, pour les personnes engagées dans un combat, de lourds sacrifices. Trahir un chef de la nation, c’est entraîner sa propre mort, risquer celle de sa femme et aussi de ses enfants. Se battre pour ses idées, c’est faire preuve de courage mais aussi se confronter à la peur, aux hésitations quant au dévouement, à la ténacité, au sacrifice qu’il induit.
En d’autres termes, Walkyrie est un film qui traite de la difficulté de l’engagement politique en temps de guerre, mais interpelle aussi sur l’engagement politique en général. Bien qu’il s’agisse d’un film d’action, c’est un film inspiré de faits réels qui nous montre une résistance encore très peu connue du grand public, et qui contribue forcément à ne pas avoir un regard manichéen sur l’Allemagne de l’époque nazie.
J’irai dormir à Hollywood
Fiche technique
Pays : France Genre : Documentaire Durée : 1′40
Réalisateur et scénariste : Antoine de Maximy Monteur : Stephane Mazalaigue
Compositeur (chanson du film) : Béatrice Ardisson Compositeur : Fabrice Viel
Producteurs : Yves Darondeau, Christophe Lioud, Emmanuel Priou

A la fois drôle et touchant, Antoine de Maximy nous propose, pour cette fin d’année 2008, un nouvel épisode de sa série documentaire J’irai dormir chez vous, présentée sur Canal+. Après vingt-trois escales (filmées pour la télévision), Antoine de Maximy débarque aux Etats-Unis pour une durée de trois mois afin de nous faire découvrir ce gigantesque pays, d’est en ouest, de New York à Los Angeles en passant par de grandes villes telles que Miami, La Nouvelle Orléans, Las Vegas, Hollywood, etc., avec pour seul équipement de tournage, comme à l’habitude : deux caméras « amateurs » et trois micros.
Comme à son habitude, Antoine de Maximy cherche inlassablement à manger et/ou à dormir chez des habitants. Cette fois-ci, notre touriste français, d’une quarantaine d’années, vise les stars américaines mais l’intérêt du film reste celui des épisodes, autrement dit la découverte de la culture, du mode de vie des autochtones. La valeur documentaire finale repose sur le silence du réalisateur, quant à son projet filmique (A. de Maximy annonce en effet d’abord à ses interlocuteurs qu’il prend des images de vacances) ; cette valeur repose aussi sur la réalisation d’un montage cut, classique (ce type de montage, dénué d’effets visuels, préserve le réalisme des images).
J’irai dormir à Hollywood est à la limite du film documentaire, et à l’opposé du « real TV », expression qui qualifie désormais certains programmes destinés aux plus jeunes. Antoine de Maximy y peint avec délicatesse un pays en « crise » où la violence, comme par exemple dans un quartier de la Nouvelle Orléans, semble très importante et effrayante. En une heure quarante, ponctuée par une musique accentuant l’atmosphère donnée et mettant en relief la culture américaine (Moby, musique de western…), ce réalisateur nous pose des questions politiques d’ordre social (le chômage, la retraite, la maladie) à travers les témoignages de diverses personnes. Ces questions semblent alors d’une actualité d’autant plus brûlante que la sortie du film s’inscrit dans la période des élections présidentielles aux Etats-Unis, et celles-ci donnent toute l’originalité à ce film par rapport aux épisodes télévisuels. Malgré la présence de certaines scènes comiques (comme la recherche d’un collant ou la nuit passée dans un corbillard), le film donne toutefois une image très négative de la vie aux Etats-Unis, on pourrait regretter qu’Antoine de Maximy ait plutôt ignoré ses côtés positifs…
