Analepse

Le septième art sous toutes ses facettes

Archives de octobre 2008

J’irai dormir à Hollywood

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Fiche technique

Pays : France                    Genre : Documentaire                   Durée : 1′40

Réalisateur et scénariste : Antoine de Maximy                       Monteur : Stephane Mazalaigue

Compositeur (chanson du film) : Béatrice Ardisson                Compositeur : Fabrice Viel

Producteurs : Yves Darondeau, Christophe Lioud, Emmanuel Priou

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A la fois drôle et touchant, Antoine de Maximy nous propose, pour cette fin d’année 2008, un nouvel épisode de sa série documentaire J’irai dormir chez vous, présentée sur Canal+. Après vingt-trois escales (filmées pour la télévision), Antoine de Maximy débarque aux Etats-Unis pour une durée de trois mois afin de nous faire découvrir ce gigantesque pays, d’est en ouest, de New York à Los Angeles en passant par de grandes villes telles que Miami, La Nouvelle Orléans, Las Vegas, Hollywood, etc., avec pour seul équipement de tournage, comme à l’habitude : deux caméras « amateurs » et trois micros.

Comme à son habitude, Antoine de Maximy cherche inlassablement à manger et/ou à dormir chez des habitants. Cette fois-ci,  notre touriste français, d’une quarantaine d’années, vise les stars américaines mais l’intérêt du film reste celui des épisodes, autrement dit la découverte de la culture, du mode de vie des autochtones. La valeur documentaire finale repose sur le silence du réalisateur, quant à son projet filmique (A. de Maximy annonce en effet d’abord à ses interlocuteurs qu’il prend des images de vacances) ; cette valeur repose aussi sur la réalisation d’un montage cut, classique (ce type de montage, dénué d’effets visuels, préserve le réalisme des images).

J’irai dormir à Hollywood est à la limite du film documentaire, et à l’opposé du « real TV », expression qui qualifie désormais certains programmes destinés aux plus jeunes. Antoine de Maximy y peint avec délicatesse un pays en « crise » où la violence, comme par exemple dans un quartier de la Nouvelle Orléans, semble très importante et effrayante. En une heure quarante, ponctuée par une musique accentuant l’atmosphère donnée et mettant en relief la culture américaine (Moby, musique de western…), ce réalisateur nous pose des questions politiques d’ordre social (le chômage, la retraite, la maladie) à travers les témoignages de diverses personnes. Ces questions semblent alors d’une actualité d’autant plus brûlante que la sortie du film s’inscrit dans la période des élections présidentielles aux Etats-Unis,  et  celles-ci donnent toute l’originalité à ce film par rapport aux épisodes télévisuels. Malgré la présence de certaines scènes comiques (comme la recherche d’un collant ou la nuit passée dans un corbillard), le film donne toutefois une image très négative de la vie aux Etats-Unis, on pourrait regretter qu’Antoine de Maximy ait plutôt ignoré ses côtés positifs…

 

Le Plaisir de Max Ophüls

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Fiche technique

Réalisateur : Max Ophüls

Nationalité : Allemande

Année : 1952

Durée : 1’35

Acteurs : Gaby Morlay (Denise) / Claude Dauphin (Le médecin) / Jean Galland (Ambroise) / Madeleine Renaud (Madame Tellier) / Ginette Leclerc (Madame Flora) / Jean Gabin (Joseph Rivet) / Danielle Darrieux (Madame Rosa) / Daniel Gélin (Jean) / Simone Simon (Joséphine) / Jean Servais (Le narrateur et l’ami de Jean).

Synopsis :

Le Plaisir est une adaptation de trois nouvelles de Maupassant : “Le Masque“, “La Maison Tellier” et “Le Modèle“.

Générique :

L’équipe du film est présentée avec une écriture fine et ondulée. Leurs noms sont incrustés dans un cadre, qui se trouve lui-même encadré par un autre cadre qui est beaucoup plus accentué.

Premier conte : Le Masque

Synopsis :

Un vieil homme court les Palais de la Danse avec un masque. Malencontreusement celui-ci est pris d’une attaque et se voit donc contraint d’être raccompagné chez lui.

Premier plan :

Le film débute par une amorce avec au centre le mot « bal », suivi d’un plan de demi ensemble sur une ville.

Thèmes :

  • La vieillesse (Amboise refuse de vieillir)
  • Le bonheur (Amboise trouve le bonheur dans la danse)

Deuxième conte : La Maison Tellier

Synopsis :

Un groupe de femmes sont invitées à une première communion qui se passe à la campagne. Elles sont accueillies dans la famille de l’une d’elles.

Thèmes :

  • La pureté (communion)
  • La tentation (entre Joseph et Rosa)

Troisième conte : Le Modèle

Synopsis :

Un peintre tombe amoureux de son modèle. Quelque temps après le couple se sépare. L’homme s’apprête à se remarier avec une autre mais son ex-femme le retrouve et menace de se suicider.

Thèmes :

  • La tristesse (Jean et Joséphine)
  • Le chantage (Joséphine menace de se suicider si son ex-mari ne revient pas à ses côtés)

Décor :

Dans Le Plaisir, le décor est très important. Dans les trois contes, le spectateur se trouve face à des escaliers qui joue à chaque fois un rôle négatif. En effet, quand le personnage monte les marches, celui-ci annonce la mort, la fin de quelque chose.

- Dans le premier conte, l’escalier montre le retour d’Amboise à la réalité. Son vieil âge met un terme à son plaisir de danser.

- Dans le deuxième conte, en franchissant les escaliers, Joseph s’apprête à commettre un adultère et donc à mettre en danger son mariage.

- Dans le troisième conte, Joséphine met à exécution ses menaces. Elle monte les escaliers et se jette par la fenêtre.

Le mouvement artistique :

Le Plaisir est inspiré du mouvement impressionniste, essentiellement dans La Maison Tellier. En effet, Max Ophüs comme les peintres impressionnistes (Guillaumin ou Manet) cherche à s’approcher au plus près de la réalité. Outre le fait de mettre en scène une vie de famille contemporaine, Max Ophüls montre une nature dans toute sa splendeur (paysages, champs, …), un jeu de lumière important en écartant les teintes sombres du plan (église, champs, …).

Plan remarquable : Le Modèle

Le plan le plus remarquable à mon avis se situe dans le troisième conte, au moment où Joséphine s’apprête à se suicider.

Max Ophüls utilise pour cette scène le procédé de la « caméra subjective ». Pour monter les escaliers, la caméra se met à la place du personnage féminin. Située à la hauteur de la tête, des yeux du personnage, le spectateur s’identifie à Joséphine et vie l’action de la jeune femme comme s’il se trouvait à sa place.

En effaçant l’ombre de la caméra et en laissant apparaître celle de Joséphine, Max Ophüls accentue l’aspect réaliste et donne à l’action une valeur dramatique plus intense.