Archives de juillet 2008
La Forêt de Mogari de Naomi Kawase

Fiche technique
Réalisateur : Naomi Kawase
Nationalité : Japonaise
Année : 2007
Durée : 1′37
Acteurs : Shigeki Uda (Shigeki) / Machiko Ono (Machiko) / Makiko Watanabe (Wakako) / Kanako Masuda (épouse de Shigeki) / Yoichiro Saito (époux de Machiko).
Synopsis
Shigeki vit dans une petite maison de retraite sous le regard bienveillant d’une aide-soignante, Machiko. Sans le savoir, tous deux partagent un lourd secret : la perte d’un être cher.
plan
Le premier plan du film est un plan de demi-ensemble, en plongée, sur des arbres. Les branches des arbres bougent sous l’effet du vent. Le temps s’écoule, et nous passons à un plan plus large sur un champ où se promènent horizontalement de droite à gauche, de manière “lente” un cortège funéraire.
- Dès le début du film, le spectateur est plongé dans la nature. La couleur et le son donnent une ambiance calme, sereine. En brandissant des bâtonsoù se trouvent accrochés des morceaux de tissus, les villageois participent certainement à une fête, ou à un acte important. Dans le film, a aucun moment n’est dévoilé explicitement leur travail pourtant il s’agit d’un plan qui amorce le thème de la mort puisque ces gens font une cérémonie funéraire sans crémation.
Le dernier plan
Le dernier plan du film est un plan d’ensemble sur la forêt.
- A la différence du premier plan, le spectateur sait désormais pourquoi cette forêt était si importante. Le spectateur a apprit que la femme de Shigeki a été enterré à cet endroit et que la nature est bénéfique puisque nos personnages principaux , après de nombreuses difficultés (hypothermie,chute,…), ont trouvé la paix.
Les thèmes
Dans La Forêt de Mogari, la réalisatrice mêle deux principaux thèmes :
- La mort
- Le temps
- La mort
La mort est un thème récurrent qui “réside” chez différents personnages tels que Shigeki, Machiko et son époux.
- Dans le film, les raisons du décès de Mako (la femme du vieil homme) nous sont inconnues. Par contre celles, du garçon de l’aide soignante sont dites grâce en majeur partie aux images.
- Dans la forêt, quand le vieil homme traverse le ruisseau, Machiko s’arrête, se jette au sol et pousse des cris de stupeur face à la puissance et à la rapidité de l’eau à couler sous l’effet de l’orage.
De manière implicite, les hurlements de la jeune femme (hors-champ) et le long plan rapproché sur le ruisseau laisse penser que son enfant est mort noyé. Face à la nature, Machiko n’aurait pas pu lutter et se serait vu lâcher son enfant (en effet, à travers les répliques entre le jeune femme et son époux, l’homme accuse la femme de l’avoir lâché).
- En allumant de l’encens près de la photo de son fils, Machiko allume en quelque sorte un cierge.
- Le temps
Le temps est présent sous divers aspects :
- La Forêt de Mogari évoque le temps des adieux à travers la religion bouddhiste. Désireuse de nous montrer l’une des difficultés de notre existence, Naomi Kawase nous met face à deux personnages qui n’arrivent pas à accomplir leur deuil. Pourtant, Shigeki se voit contraint de le faire puisque cela fait trente trois ans que Mako est morte. En effet, selon la religion, la croyance bouddhiste japonaise, c’est à ce nomnre d’année qu’un défunt ne pourra plus jamais revenir sur terre et qu’il rejoindra le royaume du Bouddha pour enfin devenir libre.
- Tout au long du film en particulier vers la fin, le spectateur se trouve face au temps passé. Outre les photographies des défunts (Mako et l’enfant), il y a aussi la boîte musicale, les carnets de Shigeki qui date de 1973 à 2006, les boucles d’oreilles de Mako qui se trouvaient dans la boîte musicale… En ce qui concerne le vieil homme, ces différents objets souligne l’idée que l’homme vit dans le passé. Qu’il a arrêté de vivre depuis que sa femme l’a quitté.
- Enfin, la réalisatrice met en scène le temps imaginaire. En effet, elle incorpore dans son film deux images mentales de Shigeki. En imaginant que son épouse joue du piano ou danse avec lui dansla forêt, il y a en quelque sorte de la part du vieil homme le refus de faire son deuil en ne laissant pas partir Mako, décédée.
L’espace
Le film se déroule dans deux espaces bien distincts : le monde urbain et le monde rural.
Face aux affiches, aux enseignes des magasins, à la taille importante des murs grisâtres et aux rues étroites, la ville apparait aux spectateurs comme étant un endroit étouffant, repoussant voire dangereux pour la population (Machiko en bicyclette / Machiko dans la voiture de Wakako).
Par opposition, les plans dans la région montagneuse du canton de Tavara, à l’Ouest du Japon montrent un endroit où “il fait bon vivre”. Par son caractère vaste et les couleurs variées, il s’agit d’un lieux splendide, chaleureux, calme et protecteur (Machiko et Shigeki sont protégés de la pluie et de l’orage par les feuilles, les arbres).
Du point de vue plastique, certaines prises de la réalisatrice m’ont fait penser à de nombreuses photographies (la brume matinale recouvre une grande partie de la forêt / Un ciel bleuté avec des nuances de rose illumine une petite colline).
Jugement personnel
- Ce film confirme l’idée que les Hommes liés ensemble forment un tout. En renversant la situation (au lieu que Machiko s’occupe du vieil homme, c’est lui qui s’occupe de la jeune femme). Naomi Kawase accentue l’idée que nous devons nous entraider et non faire la guerre. C’est en nous serrant les coudes que nous deviendrons plus forts !
- La réalisatrice a choisit de filmer la plupart du temps ces personnages “la caméra à l’épaule” bien qu’il existe toutefois des plans fixes. Même si ces plans ne m’ont pas facilité le visionnage du film, je pense que c’est un moyen de faire ressortir un style “réaliste”, en donnant au spectateur l’impression d’être leur “compagnon de route”.
- la présence du destin est dans ce film possible. En effet, Machiko et Shigeki se trouvent liés par leur histoire (femme et fils décédés) et aussi par leur prénom (en enlevant un morceau du nom de Machiko, Shigeki retrouve sa femme Mako). C’est peut-être l’une des raisons qui expliquerait que le courant passe si bien entre eux.
Les Deux Orphelines de D.W Griffith

Fiche technique
Titre original : Orphans of the storm
Réalisateur : D. W Griffith
Nationalité : Américain
Année : 1921
Durée : 2′30
Acteurs : Lilian Gish (Henriette Girard) / Dorothy Gish (Louise Girard) / Joseph Schildkrant (Chevalier de Vaudrey)
Synopsis
Deux soeurs partent à Paris. Dès leur arrivée, elles se trouvent séparées.
Valeur historique, politique :
Les Deux Orphelines relate le début de la Révolution Française (1789 – 1799).
Griffith remémore plusieurs personnages de cette époque :
- Robespierre, Danton, La Fayette et le roi Louis XVI.
- L’image donnée de Robespierre est négative. Il instaure une dictature après le renversement de la monarchie. Il reprèsente le mal.
- En revanche, Danton illustre le bien. Il a un rôle essentiel dans le renversement de la monarchie. Il s’oppose à Robespierre. Le peuple l’adore. Il est comparé à Lincoln, le premier président américain républicain.
- Au début du film, il y a une brève apparition de La Fayette sur les accessoires du chevalier de Vaudrey. Dès 1777, il prend une part active dans la guerre d’indépendance d’Amérique (cela pourrait expliquer la date inscrite : “1779″). Je pense qu’il s’agit d’un hommage.
- Le réalisateur rappelle certains éléments importants de la Révolution comme : Paris, la Prise de la Bastille, un morceau de la Marseillaise (chant de guerre), la guillotine et le rituel macabre des citoyens qui était de mettre au bout d’un pique la tête d’un aristocrate.
Favorable à la démocratie, Griffith montre, tout au long du film, la misère ainsi que la souffrance du peuple. Sans lois, il n’y a pas de justice.
D.W Griffith oppose les conditions de vie des aristocrates, des monarques avec les citoyens.La nourriture est inégale. Plusieurs plans dans ce film montrent l’abondance de la nourriture chez les populations aisées (champagnes, gâteaux, viandes, légumes,…), et le manque de nourriture chez les villageois (pains).
- Les personnes riches sont représentées comme des gens égoistes, sans sentiment et sans remord (une voiture roule sur un jeune citoyen. L’aristocrate au final se préoccupe plus de l’état de ses chevaux que du villageois).