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Café Lumière de Hou Hsiao Hsien

Fiche technique :
Titre original : Kohi Jikou
Réalisateur : Hou Hsiao Hsien
Nationalité : Japonais – TaÏwanais
Année : 2003
Durée : 1’49
Acteurs : Yo Hitoto (Yoko) / Tadonobu Asano (Hajime) / Masato Hagiwara (Seiji) / Nenji Kobayashi (le père de Yoko) / Kimiko Yo (la belle-mère de Yoko)
Synopsis :
Yoko revient d’un séjour à Taïwan. A la recherche d’un compositeur taïwanais pour son travail, Yoko va annoncer à ses parents qu’elle est enceinte et qu’elle désire élever seule son enfant.
Analyse :
Café Lumière ne raconte pas vraiment d’histoire mais dévoile la vie d’une jeune femme japonaise à Tokyo, en visitant ses lieux les plus fréquentés, ses habitudes. Dans ce film, la durée des plans demande beaucoup de patience au spectateur. En effet, la caméra filme de loin les personnages, le plus souvent de dos. En conséquent, on devient un observateur dans le déroulement des scènes (le premier plan du film où Yoko est au téléphone, illustre parfaitement cette idée).
Thèmes :
- La mémoire, le temps
- La famille, à ce-jour à Tokyo
- La notion de mariage
Personnages :
- Le père est silencieux voire muet avec sa fille. Hypothèse : Le courant entre Yoko et son père passe mal ce qui créé certainement une incompréhension envers les décisions de sa fille, et qui rompt ainsi le dialogue entre eux.
- Les parents sont inquiets pour l’avenir de leur fille. Hypothèse : Il existe une rupture entre les deux générations au sujet de la notion de mariage, sur le fondement d’une famille.
- Abandonnée par sa mère à l’âge de quatre ans par sa mère, Yoko est aujourd’hui une femme résidant seule dans un appartement à Tokyo et qui assume ses propre choix. Hypothèse : D’après le jeu d’acteur, Yoko apparaît au spectateur comme une jeune femme solitaire, individualiste, réservée, libre et indépendante.
- Ami de Yoko, Hajime, est un garçon silencieux, qui enregistre le bruit des trains qui traversent la ville. Hypothèse : Hajime et Yoko semblent très proche. Leur relation ambiguë laisse penser qu’il existe plus que de l’amitié entre eux mais le spectateur n’en sera rien tout au long du film.
Espace :
Les lieux les plus fréquentés qui nous deviennent aux fils du temps familiers sont : les cafés, l’appartement de Yoko, les moyens de transport (le métro, le train, le tramway), la station de métro, la gare, la maison des parents et la librairie de Hajime.
Il existe néanmoins quelque apparition en voiture, en vélo et à pied mais celles-ci restent inexistantes par rapport aux transports aux communs.
A mon avis, Hou Hsiao Hsien a souhaité faire une distinction entre le monde urbain et le monde rural qui donne davantage de profondeur de champ. Le monde urbain est peut-être même en concordance avec le personnage Yoko. En effet, les plans dans la zone urbaine souligne bien le caractère de Yoko et ont tendance à mettre en valeur l’enfermement de ce personnage principal.
Clin d’oeil à Ozu :
Dans Café Lumière les cadres contiennent beaucoup de symétrie. Cette symétrie créée grâce à la disposition des meubles, des portes, des murs, des objets du décor et d’accessoires divers est une référence directe au film de Yasujirō Ozu (1903-1963), un réalisateur japonais.